|
Pierre Bergé et la vente du siècle. De laquelle parle-t-on ? Vendre pour plus de 360 M€ des objets d’art suppose que l’on a trouvé au préalable les moyens d’en financer les achats. Un homme avisé, n’ayant pas déclaré ses objets d’Art à l’ISF, en vertu de la Loi promulguée par Laurent Fabius, aurait sans doute placé, avant la vente, les objets en question dans sa propre Fondation pour qu’elle en fût devenue ainsi propriétaire de facto (puisque « possession fait loi »). Il aurait ensuite fait valoir aux acheteurs qu’en achetant des objets à sa fondation, ils bénéficiaient de l’abattement fiscal de 60% sur le montant de la transaction. Il aurait enfin effectué un don important aux musées de France pour que toute l’opération soit entièrement avalisée par l’Administration. La vente de ces objets d’Art a été réalisée par Christie’s. François Pinault a acheté cette étude 1 G€ en 1998, donc un an avant qu’il ne prît possession d’Yves St Laurent à travers l’acquisition de Sanofi Beauté. La juxtaposition des noms incite à revenir quelques années en arrière au moment où Loïc Le Floch Prigent, Président de Elf Aquitaine et poulain de François Mitterrand (en 1981, il était en effet l’un des rares ingénieurs du parti socialiste à pouvoir prendre des responsabilités) « autorise » Jean Dehecq, président de sa filiale Sanofi, à racheter la société Yves Saint Laurent. L’affaire débute en 1992 et se termine en 1999 comme l’indique le tableau récapitulatif ci dessous. Elle se résume, pour Pierre Bergé et Yves St Laurent, d’abord à un gain de 100 MF en 1992, dans la vente, (en Suisse, de gré à gré , mode discuté à l’époque par les autorités compétentes) de 120 000 de leurs actions, ensuite au renflouement de leurs comptes bancaires à découvert de 70 MFF en juin 1992, puis à l’achat en 1993, par Sanofi, du reste de leurs actions dans la société Yves Saint Laurent valorisée pour la circonstance à 3,6 GFF (3 milliards) et enfin au versement de 865 MFF d’indemnités (sans raison mais avec justificatif). Il semble déplacé dans ces conditions de qualifier la vente aux enchères de ces derniers jours. Est-elle le résultat d’une manœuvre financière (une de plus) ou doit-elle prendre un caractère charitable ? Il est vrai que certains grands hommes sentent venir l’heure des comptes à la fin de leur vie.
Sources : L’express : Nouzille Vincent, Benhamou-Huet Judith, 13/04/2000 L’Expansion : Jaqueline Matttei 26 /06/1995 Le Nouvel Observateur : 18 novembre 1999 Les Echos : Xavier Lecoeur 1999 Les Echos : 7 janvier 1994
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||