Le Stress et la motivation en entreprise.


Après plusieurs suicides chez France Telecom (qui sont dans la proportion des suicidés en France ramenés à la population), les sociologues avertis se sont penchés sur leur cause et les articles qui ont suivi ont abordé tout à la fois le manque de communication, l’absence de reconnaissance de l’individu, la méconnaissance de la stratégie de l’entreprise, la peur du licenciement, la vie privée en regard de la vie professionnelle.
Les cabinets et les centres de formation sont prêts à bondir sur cette manne.
Toutefois, tout ce que devrait mettre en place le management pour éliminer le stress et pour favoriser l’émulation et la motivation a été dit, redit et écrit, il y a déjà 40 ans, notamment par Octave Gélinier (Mines de Paris 1937) d’une part dans les séminaires organisés par la Cegos qu’il dirigeait et d’autre part dans ses livres : "Fonction et Tâches de la direction générale " (Hommes et techniques, 1953) et "Secret des structures compétitives" (Hommes et techniques, 1965).
Dès 1966, la Direction participative par Objectifs était censée prendre en compte le dialogue dans les deux sens avec la hiérarchie et l’établissement d’objectifs accessibles (les moyens et le contrôle étant définis au début).
Malheureusement ce système ne liait pas le salaire à la bonne exécution des objectifs. C’est pourquoi il est tombé en désuétude. Pourtant il essayait de tuer le grand YAKA.

Il est probable que, actuellement, le stress naît du secret engendré par deux faits distincts. Ce secret qui n’est pas partagé par les cadres devient frustrant, puis est une source d’inquiétude qui finit par provoquer le stress.
1° L’absence de communication sur la stratégie de l’entreprise provient du nécessaire secret à garder vis à vis d’une part de la bourse, pour qu’elle ne joue pas inconsidérément la valeur à la baisse ou à la hausse, et d’autre part des syndicats que la France n’a pas su éduquer économiquement comme l’a fait l’Allemagne.
2° Les actionnaires de la plupart des grandes entreprises sont des fonds d’investissement. Ils ont acheté l’entreprise en s’endettant. Ils sont obligés de pressurer le président pour que son entreprise génère suffisamment d’argent pour rembourser leur dette.
Cela se traduit par des recettes obtenues par la vente des actifs, la diminution des stocks, le licenciement, la délocalisation etc… Tout ceci est obligatoirement réalisé dans le secret et engendre le stress chez ceux qui sont laissés dans l’ignorance. Comme ce type d’opérations ne peut pas durer plus de 3 ans, le président exsangue est remercié avec une indemnité prévue dans son contrat d’embauche et l’entreprise est revendue à d’autres fonds amateurs qui la fusionnent etc…

Dans tout cela la stratégie du long terme n’est pas prise en compte et le manque de vision partagée est un autre facteur de stress.

François Vinçotte